La France traverse une période de tension durable pour les petites et moyennes entreprises : le rebond post Covid, la hausse des taux de crédit, l’inflation résiduelle et la fragilisation des chaînes d’approvisionnement ont conduit à un niveau élevé de procédures collectives en 2024-2025. Les données récentes montrent un nombre historiquement élevé de défaillances, avec des signes de stabilisation à court terme, mais une vulnérabilité marquée pour certains secteurs exposés à la consommation, aux coûts de financement et à la cyclicité.
Dans ce contexte, Infolegale identifie trois secteurs particulièrement à risque pour 2026 : la CHR (cafés-hôtels-restaurants), la construction et l’immobilier. Cet article explique pourquoi ces secteurs restent fragiles, quels signaux surveiller pour éviter les impayés et surtout comment une stratégie TPRM et d’analyse d’entreprise peut réduire l’exposition des donneurs d’ordre.
Malgré un ralentissement de l’inflation, les défaillances restent toujours à un niveau élevé en 2025 et devraient continuer de peser sur l’économie en 2026 selon les analyses macroéconomiques récentes.
Les données économiques publiées en 2025 montrent que les défaillances d’entreprise ne relèvent pas d’un simple phénomène conjoncturel. Selon les analyses de la Banque de France, le nombre de procédures collectives demeure supérieur à sa moyenne de long terme, notamment chez les PME et les TPE.
Plusieurs facteurs expliquent cette persistance. D’abord, la fin progressive des aides publiques (prêts garantis, reports de charges, dispositifs exceptionnels), révèle des fragilités financières latentes. De nombreuses entreprises ont prolongé leur activité grâce à ces soutiens sans pour autant restaurer durablement leur rentabilité. En parallèle, le niveau d’endettement reste élevé, ce qui limite la capacité d’investissement et augmente la sensibilité aux chocs.
L’accès au crédit constitue un second facteur déterminant. Le durcissement des conditions de financement observé depuis 2023 se traduit par une sélection plus stricte des dossiers et par une hausse du coût du crédit, pesant directement sur la trésorerie. Enfin, les délais de paiement, encore dégradés dans certains secteurs, continuent d’alimenter les tensions de liquidité.
Facteurs macroéconomiques clés :
|
À retenir 🧠 Fin 2025, le cumul des défaillances d’entreprises s’élève à plus de 68 150, avec une progression nette pour les PME par rapport à l’année précédente |
Identifier les secteurs les plus exposés aux défaillances d’entreprise repose avant tout sur une lecture sectorielle des procédures collectives. La donnée récupérée par Infolegale permet notamment d’analyser la répartition des ouvertures de procédures collectives par activité et d’identifier les secteurs défaillants structurellement surreprésentés.
C’est une approche à nuancer toutefois car un secteur peut afficher un volume élevé de défaillances d'entreprises simplement en raison du nombre d’entreprises qu’il regroupe. L’analyse doit donc être rapportée au tissu économique et observée dans le temps afin de distinguer les fragilités durables des effets conjoncturels.
L’identification des secteurs à risque passe par l’analyse d’indicateurs financiers et opérationnels agrégés. Les tensions de trésorerie, la hausse de l’endettement ou l’érosion des marges constituent des signaux avancés de défaillance d’entreprise lorsqu’ils concernent une majorité d’acteurs d’un même secteur. Les délais de paiement, la dépendance à quelques donneurs d’ordre ou la sensibilité à la demande finale viennent compléter cette analyse.
| 📌 À savoir : un secteur devient à risque lorsque plusieurs indicateurs se dégradent simultanément sur une période prolongée. |
|
Indicateur |
Signal de risque sectoriel |
|
Trésorerie |
Tension généralisée |
|
Endettement |
Fragilité financière |
|
Marges |
Rentabilité insuffisante |
L’identification des secteurs les plus exposés repose sur une approche croisée entre données sectorielles et indicateurs financiers, indispensable à toute démarche de third party risk management.
| Vous souhaitez connaître la situation économique d’un secteur en particulier ? Demandez à Fred. ! |
Le secteur des cafés, hôtels et restaurants fait partie des secteurs les plus exposés aux défaillances d’entreprise depuis plusieurs années.
En 2025, malgré une activité plus stable qu’au sortir de la crise sanitaire, les fragilités structurelles du modèle CHR continuent de peser sur la solidité financière des entreprises du secteur. Ce niveau de risque élevé ne s’explique pas par un facteur isolé. Il résulte d’une combinaison de contraintes économiques, financières et opérationnelles.
La première fragilité du secteur CHR tient à la structure même de son tissu économique.
La majorité des entreprises de ce secteur sont des TPE (très petite entreprise) ou des petites PME (petite et moyenne entreprise), avec une capacité limitée à absorber les chocs. Les marges sont souvent faibles, tandis que les charges fixes restent élevées, quel que soit le niveau d’activité.
À cela s’ajoute une forte dépendance à la consommation des ménages. En période d’incertitude économique, les dépenses de restauration et de loisirs font partie des premiers postes ajustés.
Résultat : une baisse de fréquentation, même modérée, peut rapidement créer des tensions de trésorerie et conduire à une défaillance d’entreprise.
Les dernières données agrégées par Infolegale et corroborées par la Banque de France confirment d’ailleurs que les entreprises de secteur des CHR restent surreprésentées parmi les procédures collectives observées en 2024 et 2025, en particulier les structures récentes ou insuffisamment capitalisées.
Principaux facteurs de fragilité du secteur CHR :
Plus concrètement :
|
Facteur |
Effet sur la défaillance d’entreprise |
|
Baisse de fréquentation |
Tension immédiate de trésorerie |
|
Hausse des charges |
Érosion rapide des marges |
|
Endettement |
Capacité de remboursement réduite |
|
👉 À retenir Dans la CHR, la défaillance résulte rarement d’un choc brutal unique. Elle est le plus souvent liée à une accumulation de tensions financières mal anticipées |
La défaillance d’un acteur CHR dépasse largement le cadre de l’entreprise concernée.
Dans une logique de third party risk management, ce secteur illustre bien la diffusion du risque au sein d’un écosystème économique local. Les fournisseurs sont généralement exposés en première ligne. Les retards de paiement constituent souvent le premier signal faible, avant que la situation ne se dégrade plus fortement.
Pour des partenaires eux-mêmes fragiles, l’impact sur la trésorerie peut être immédiat.
Les bailleurs, franchisés ou plateformes partenaires peuvent quant à eux subir des conséquences indirectes : rupture de contrats, vacance des locaux, désorganisation de réseaux commerciaux.
|
👉 Point de vigilance TPRM Dans la CHR, la dépendance économique et la récurrence des flux commerciaux renforcent l’exposition au risque tiers en cas de défaillance. |
Conséquences possibles pour les partenaires :
Pour résumer :
Le secteur CHR concentre un risque tiers élevé qui nécessite une surveillance continue et sectorialisée des partenaires commerciaux.
Le secteur de la construction fait partie des secteurs les plus touchés par les défaillances d’entreprises ces dernières années. En 2025, la situation reste dégradée, portée par un ralentissement durable de l’activité, une baisse des mises en chantier et des tensions persistantes sur les coûts. Dans une logique de gestion du risque tiers, la construction constitue ainsi un secteur à surveiller de près, tant pour les donneurs d’ordre que pour l’ensemble de la supply chain.
La première fragilité du secteur tient à sa dépendance directe à la conjoncture immobilière et aux investissements publics et privés.
Lorsque les projets se raréfient ou sont reportés, l’impact sur le chiffre d’affaires des entreprises est immédiat. Or, dans la construction, les charges fixes demeurent élevées, même en période de baisse d’activité.
À cela s’ajoute une forte pression sur les marges. L’augmentation du coût des matériaux, combinée à des contrats parfois signés à prix fixes, réduit la capacité des entreprises à absorber les chocs.
Les données publiées par l’Insee soulignent d’ailleurs un recul marqué de l’activité du bâtiment en 2024 et 2025, avec un effet différé mais significatif sur les procédures collectives.
Facteurs structurels de vulnérabilité du secteur :
Plus concrètement :
|
Facteur de risque |
Impact sur la défaillance |
|
Baisse des projets |
Chute rapide du chiffre d’affaires |
|
Hausse des coûts |
Marges insuffisantes |
|
Retards de paiement |
Tensions de trésorerie |
|
Sous-traitance en cascade |
Diffusion du risque |
|
👉 À savoir Dans la construction, la défaillance d’une entreprise intervient souvent en bout de chaîne après une succession de retards ou de défauts de paiement. |
Le secteur de la construction illustre parfaitement la notion de risque systémique entre partenaires commerciaux.
Les projets mobilisent une multitude d’acteurs : entreprises générales, sous-traitants, artisans, fournisseurs de matériaux, bureaux d’études. La solidité financière de chacun conditionne l’équilibre global du chantier.
Lorsqu’un acteur clé rencontre des difficultés, les effets se propagent rapidement :
Les sous-traitants, souvent plus fragiles financièrement, figurent parmi les premiers impactés. Une défaillance peut ainsi entraîner une réaction en chaîne, touchant plusieurs entreprises sur un même projet.
|
🔑 Point clé pour le third party risk management Dans la construction, le suivi du risque tiers ne peut pas se limiter au contractant principal. Il doit intégrer l’ensemble de la chaîne opérationnelle. |
Pour résumer :
Le secteur de la construction combine cyclicité économique, interdépendance forte et tensions financières, ce qui en fait un terrain particulièrement propice aux défaillances d’entreprise et aux risques tiers associés, d'où une nécessité accrue d'évaluer ses tiers, notamment dans ce secteur.
Le secteur de l’immobilier fait partie des secteurs les plus exposés aux défaillances d’entreprise en 2025 et reste sous forte vigilance à l’approche de 2026.
Après plusieurs années de croissance soutenue, le marché immobilier subit un net retournement : recul des transactions, baisse des prix dans certaines zones et conditions de financement durablement plus restrictives. Cette nouvelle configuration met en difficulté de nombreux acteurs, en particulier les structures les plus dépendantes du volume d’opérations.
Dans une logique de gestion du risque tiers, l’immobilier constitue ainsi un secteur à risque, tant pour les partenaires financiers que pour les entreprises exposées indirectement à cette activité.
La principale fragilité du secteur immobilier réside dans sa dépendance aux conditions de financement. La hausse rapide des taux d’intérêt a fortement réduit la capacité d’emprunt des ménages et freiné les projets d’investissement, entraînant un ralentissement marqué des ventes.
Les données publiées par la Banque de France et l’Insee montrent une baisse significative du nombre de transactions immobilières en 2024 et 2025 avec un impact direct sur l’activité des agences, promoteurs et intermédiaires.
Plusieurs facteurs expliquent cette exposition accrue aux défaillances :
|
👉 À savoir Dans l’immobilier, la défaillance intervient souvent après une période prolongée de ralentissement, lorsque les charges fixes ne peuvent plus être absorbées par un volume d’activité suffisant. |
Plus concrètement :
|
Baisse des transactions |
Chiffre d’affaires en recul |
|
Taux d’intérêt élevés |
Accès au crédit limité |
|
Charges fixes importantes |
Faible flexibilité |
|
Dépendance aux commissions |
Revenus irréguliers |
Le secteur immobilier génère un risque tiers indirect mais bien réel pour de nombreux partenaires : établissements financiers, prestataires de services, entreprises du bâtiment, acteurs de la gestion locative ou fournisseurs spécialisés.
La fragilité d’un acteur immobilier peut entraîner :
|
💡 Point Clé TPRM Dans l’immobilier, la vigilance ne doit pas se limiter aux grands acteurs visibles. Les structures intermédiaires, souvent plus fragiles, concentrent une part importante du risque de défaillance entreprise. |
Pour résumer :
Le secteur immobilier combine ralentissement de l’activité, dépendance au financement et rigidité des coûts, ce qui en fait l’un des secteurs avec un taux de défaillances majeure à intégrer dans toute stratégie de surveillance du risque tiers en 2026.
Si les défaillances d’entreprise ne progressent plus au même rythme qu’en 2023/2024, leur niveau reste structurellement élevé.
Les analyses conjoncturelles Infolegale des indicateurs financiers, combinées aux données publiques, montrent que la normalisation post crise s’accompagne d’un rattrapage des défaillances différées, notamment dans les secteurs les plus cycliques.
CHR, construction, Immobilier - ces activités cumulent plusieurs facteurs de risque communs :
|
👉 Point clé TPRM Le risque ne se limite pas à l’entreprise défaillante elle-même, il se diffuse rapidement à ses partenaires commerciaux. |
Dans un contexte de Third Party Risk Management, les défaillances d’entreprise constituent un indicateur avancé de risque opérationnel et financier.
Identifier les secteurs les plus exposés permet de :
La surveillance sectorielle devient ainsi un levier clé pour anticiper les défaillances entreprise et renforcer la résilience globale des organisations.
👉 Pour conclure
En 2026, les secteurs défaillances resteront un enjeu central pour les entreprises. S’appuyer sur des données fiables et actualisées est indispensable pour transformer ce risque en véritable outil de pilotage.
Les défaillances d’entreprise se concentrent principalement dans les secteurs les plus sensibles aux cycles économiques et à la demande finale. En 2025, les données publiques mettent en avant trois secteurs particulièrement exposés :
Ces activités cumulent souvent des marges faibles, des charges fixes élevées et une forte dépendance à la conjoncture, ce qui accroît le risque de défaillance entreprise en période de ralentissement.
Le secteur CHR est historiquement surreprésenté dans les statistiques de défaillances en raison de plusieurs facteurs structurels : trésoreries tendues, sensibilité aux variations de fréquentation, hausse des coûts (énergie, salaires, matières premières) et rotation élevée des entreprises.
Même en phase de reprise économique, ces fragilités rendent le secteur particulièrement vulnérable aux chocs conjoncturels.
La construction est un secteur cyclique par nature. La baisse des mises en chantier, les retards de paiement et l’interdépendance entre les acteurs amplifient le risque de défaillances d’entreprise.
Une difficulté chez un donneur d’ordre ou un sous-traitant peut rapidement se propager à l’ensemble de la chaîne, créant un risque en cascade pour les partenaires commerciaux.
Le ralentissement du marché immobilier, combiné à des conditions de financement plus strictes, a fortement réduit les volumes de transactions. Cette situation fragilise notamment les acteurs dont les revenus dépendent directement des ventes ou des commissions.
Selon les analyses de la Banque de France et de l’Insee, cette contraction durable de l’activité explique la hausse des défaillances dans le secteur immobilier.
L’identification des secteurs défaillances repose sur une analyse croisée :
Cette approche sectorielle permet d’anticiper les zones de fragilité avant qu’une défaillance entreprise ne survienne.
Les défaillances d’entreprise ne concernent pas uniquement les sociétés en difficulté. Elles représentent un risque tiers majeur pour leurs partenaires : fournisseurs, clients, prestataires ou sous-traitants.
Intégrer les défaillances sectorielles dans une démarche de Third Party Risk Management permet d’anticiper les ruptures de chaîne de valeur et de sécuriser les relations commerciales.
Même si le rythme de progression des défaillances tend à se stabiliser, leur niveau reste élevé. Les secteurs les plus exposés devraient continuer à concentrer une part importante des procédures, notamment en raison des ajustements économiques en cours.
La vigilance reste donc essentielle pour les entreprises exposées à ces secteurs en 2026.