Solvabilité entreprise : pourquoi et comment la vérifier ?

Le Blog Infolegale

La solvabilité des entreprises est sans doute l’information financière la plus prisée des banques. Et pour cause, elle indique la capacité des entreprises à honorer leurs dettes et, en corollaire, elle met en évidence leur santé financière. Infolegale vous explique pourquoi et comment vérifier la solvabilité de vos clients et fournisseurs.

Comprendre la solvabilité des entreprises :

Concrètement, la solvabilité des entreprises est la capacité d’une entreprise à être en mesure de rembourser, à court ou à long terme, ses dettes auprès des banques, de ses fournisseurs et de l’Etat.

Dans le contexte du crédit inter-entreprises, il est très courant, surtout en temps de crise, qu’une entreprise ne parvienne pas à se faire payer. Ces impayés sont d’ailleurs la principale cause des défaillances d’entreprises. D’ailleurs, les entreprises dont le chiffre d’affaires est généré par quelques gros clients sont fortement exposées à ce risque, leur pérennité dépendant de la santé financière de ces clients.

Moins grave, mais tout aussi perturbant, un impayé peut générer des problèmes transitoires pouvant amener à des restructurations ou à l’augmentation des cadences pour compenser la perte.

Prenons un exemple concret, pour un impayé de 3 000 euros, avec une marge bénéficiaire de 5%, vous devez réaliser un chiffre d’affaires supplémentaire de 60 000 euros. Il est donc essentiel de garder le contrôle sur le poste clients (lire : Comment se prémunir contre les impayés en s’appuyant sur son équipe commerciale ?)

Créances sur paiementEn résumé, la solvabilité permet de savoir à la fois si une entreprise a la capacité financière de payer ses factures, mais aussi, si elle le fait réellement.

D'ailleurs, il ne faut pas négliger ce dernier paramètre. Comme le précise Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises (un poste créé par l’Etat au début de l’année 2016), 25% des faillites d'entreprises sont dues aux retards de paiement. Si les délais de paiement légaux entre clients et fournisseurs étaient respectés (soit soixante jours), la trésorerie qui serait libérée est estimée à 12 milliards d'euros. En procédant à une répartition par taille, cette différence représente des transferts de trésorerie importants entre catégories d'entreprises : 16 milliards d'euros pour les PME et 4 milliards pour les ETI.

Comment vérifier la solvabilité de ses clients et de ses fournisseurs ?

Il existe une multitude d’éléments permettant de mesurer la solvabilité des entreprises :

  • Informations légales : forme juridique, ancienneté
  • Données sectorielles
  • Eléments bilanciels : chiffre d’affaires, résultat d’exploitation, charges financières, résultat net, capitaux propres, effectifs
  • Indicateurs de rentabilité : marge d’exploitation, marge nette, excédent brut d’exploitation, poids du CA/Capitaux propres, rentabilité du capital
  • Ratios financiers évaluant la capacité des entreprises à couvrir leurs échéances : capacité d’autofinancement, autonomie financière, capacité de remboursement, liquidité général, taux de couverture de la dette, BFR, endettement…
  • Croissance du chiffre d’affaire
  • Données sur les habitudes de paiements des entreprises
  • Mauvaise gestion des stocks
  • Profil de l’équipe dirigeante et du conseil d’administration
  • Respect de l’obligation de publication des comptes

Tout comme les banques exigent des garanties financières pour prêter de l’argent, les fournisseurs ont développé de longue date des compétences en interne pour mesurer la solvabilité de leurs clients.

Si de nombreuses données sont disponibles gratuitement sur le web, il ne faut pas attendre de miracles : celles-ci ne sont pas toujours mises à jour et peuvent donc vous induire en erreur.

Ainsi, hormis l’analyse de ces éléments qui ne sont pas toujours disponibles, vous pouvez également adopter une position transparente et poser la question directement à vos clients. En temps de crise, cette démarche ne surprendra plus personne. Il s’agira juste de faire preuve de tact en interrogeant vos partenaires de manière positive sur leur situation actuelle et leurs projets en cours. Si en retour vous obtenez des réponses claires, cela peut vous encourager à travailler avec eux. Au contraire, des réponses floues ou embarrassées sont toujours de mauvais signaux.

Avant de conclure une transaction avec un client ou un fournisseur, les directions financières ont également pris l’habitude d’utiliser les informations des tribunaux de commerce et journaux d’annonces légales. Pour optimiser cette veille, les bases de données d’informations légales sont devenues une solution pratique et efficace. Cependant, elles ne proposent, la plupart du temps, que des paiements à la consultation et manquent de fraîcheur puisqu’elles s’appuient généralement sur les données du Bodacc. En effet, ces dernières sont disponibles trois à quatre semaines après leur publication dans les journaux d’annonces légales (et vous connaissez l’importance d’obtenir des données fraîches, notamment dans les cas de procédures collectives : quels sont les critères permettant d’évaluer la pertinence de votre scoring ?)

Dans ces conditions, mieux vaut privilégier les entreprises spécialisées dans le renseignement. Elles disposent d’une expertise en la matière et récoltent des informations difficiles à trouver par ailleurs.

En effet, il est quasiment impossible d’obtenir des renseignements sur certaines catégories socioprofessionnelles (artisans, professions libérales…) et sur certaines formes juridiques qui ne sont pas tenues à publier leurs comptes. Rappelons qu’en 2015, 41% des entreprises n’ont pas publié leurs comptes : confidentialité des comptes annuels : franchira-t-on la barre des 50 % de bilans en 2016 ? Dans ce contexte, difficile de considérer l’auto-assurance comme une solution à privilégier sur le long terme.

C’est pourquoi, les ETI puis plus récemment les PME se sont peu à peu tournées vers des solutions plus sécurisantes telles que le scoring ou l’assurance-crédit. Chacune apportant une valeur ajoutée suivant votre contexte :  lisez notre comparatif ici.

Les principaux acteurs privés du secteur sont :

  • Les banques qui ont besoin d’évaluer la solvabilité de leurs clients.
  • Les agences de notation spécialisées dans l’évaluation de la solvabilité des pays et des entreprises. Elles émettent un avis sur les sujets qu’elles étudient mais ne notent pas toutes les entreprises existantes.
  • Les fournisseurs d’informations sur la santé financière des entreprises tels que Infolegale. Ils attribuent un score de solvabilité à l’ensemble des entreprises en fonction des informations qu’elles récoltent sur les entreprises et de statistiques qui leurs sont propres.

A retenir

La solvabilité est une information clé permettant de savoir si une entreprise est en capacité de payer ses dettes.

Pour la mesurer de nombreux indicateurs entrent en ligne de compte :

  • Informations légales
  • Eléments bilanciels
  • Indicateurs de rentabilité
  • Indicateurs de solvabilité

Des sociétés de renseignement telles que Infolegale compilent une grande partie de ces données et permettent de suivre l’ensemble de vos clients grâce à un score de solvabilité.

 
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