Regard d’expert : quid des défaillances liées à la Covid- 19 ?

Le 4 mai 2021, Frédéric Julien, président et cofondateur d’Infolegale, intervenait en partenariat avec l’AFDCC (Association française des credit managers) sur la thématique « Coronavirus : quelles analyses conjoncturelles et financières dans les principaux secteurs de l’économie française un an après les premiers effets de la pandémie ? ». L’objectif de cette manifestation était de présenter une analyse approfondie et commentée des différents bouleversements subits par le tissu sectoriel français en raison de la crise sanitaire afin d’apporter aux acteurs des leviers d’anticipation, à court et moyen terme, de la situation économique.

Infolegale vous propose une synthèse des éléments essentiels à retenir en trois volets.

 

Malgré une chute du nombre moyen de défaillances observées, une accélération du côté des grandes entreprises et ETI

L’année 2020 a été marquée par une chute record du nombre moyen de défaillances observées (-39%) en raison de l’importance des aides accordées aux acteurs sous l’impulsion du désormais célèbre « quoi qu’il en coûte ». Néanmoins, le nombre de procédures collectives appliqué aux ETI et grandes entreprises a progressé de 62% (52 entreprises ont défailli dans cette catégorie en 2020 contre 31 l’année précédente).

Les enseignes de cette catégorie de structures ayant défailli étaient notoirement fragiles à l’instar des magasins de chaussures André qui accumulaient des pertes depuis déjà plusieurs années ou encore les magasins de prêt-à-porter La Halle dont plus de 40% du parc de magasin a d’ores-et-déjà dû fermer ses portes.

 

Une défaillance inévitable des entreprises les plus fragiles mais une faible variation des profils sectoriels touchés

De manière générale, les entreprises ayant fait l’objet d’une procédure collective au cours de l’année 2020 comportaient un profil similaire soit un chiffre d’affaires inférieur à 100 000€ (31% de la part des entreprises entrées en défaillance en 2020), des capitaux propres négatifs (41%) et moins de 10 salariés (91% dont 65% constitué uniquement par les entreprises employant moins de 3 salariés).

Du côté du profil sectoriel des entreprises entrées en défaillance, les 3 secteurs majoritairement représentés (49% des défaillances observées en 2020) sont :

  • BTP (22%) ;
  • Commerce de détail (15%) ;
  • Hébergement et restauration (12%).

Il est à noter que ces entreprises ayant défailli au cours de l’année 2020 étaient déjà mécaniquement fragilisées et n’auraient en aucun cas pu résister aux différents impacts de la crise sanitaire. Par ailleurs, le profil des entreprises étant entrées en défaillance au cours de l’année 2020 est identique à celui observé en 2019 ce qui indique que la crise du coronavirus n’a eu qu’un faible impact sur la dynamique naturelle du marché.

Au premier trimestre 2021, le nombre de défaillances observées demeure faible (-33% en comparaison du T1 2020) toujours impulsé par les différents dispositifs d’aides alloués aux acteurs (PGE, fonds de solidarité, chômage partiel, prime Macron, etc.). Néanmoins, dans les mois prochain, l’arrêt des aides ainsi que la reprise de l’activité des organismes de contrôle tels que l’URSAFF pourraient entraîner une vague importante de défaillances (tous secteurs confondus).

 

Pour en savoir plus :

#1  Les grandes tendances du tissu économique et sectoriel observées en 2020

#3 Quels indicateurs pour anticiper les risques de défaillances de ses partenaires commerciaux ?

 

 

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