Défaillance d’entreprise : comment identifier une société en difficulté ?

Si les défaillances d’entreprises ont connu une forte diminution depuis 2019 en lien direct avec la crise du coronavirus, celles-ci repartent peu à peu à la hausse.

Aussi, en tant que professionnel du risque crédit client, il est impératif pour vous de vous assurer de la bonne santé financière de vos clients et fournisseurs. Pour vous aider, découvrez à travers cet article les conseils d’Infolegale pour anticiper la défaillance de vos partenaires commerciaux et sécuriser vos décisions d’octroi de crédit.

 

Qu’est-ce que la défaillance d’une entreprise ?

Une entreprise est dite en situation de défaillance (ou en état de cessation de paiement) lorsque son actif ne permet plus de couvrir son passif. En d’autres termes, l’entreprise n’a plus la capacité d’honorer ses obligations financières auprès de ses fournisseurs, des établissements de crédit, de ses employés ou encore de l’État.

Dès lors qu’une entreprise entre en défaillance, son dirigeant dispose d’un délai maximal de 45 jours pour procéder à un dépôt de bilan auprès du tribunal de commerce.

À noter que la déclaration de l’état de cessation de paiement de l’entreprise auprès du Tribunal de commerce est obligatoire. En effet, en cas d’une omission ou d’une déclaration en retard, le dirigeant de l’entreprise peut se voir sanctionner d’une interdiction de gérer.

À l’issue de la réception de l’état de cessation de paiement, le Tribunal de commerce décide de la procédure collective la plus adaptée à la situation de l’entreprise (sauvegarde, redressement judiciaire, liquidation judiciaire).

 

Quelles sont les raisons de défaillance d’une entreprise ?

Plusieurs facteurs peuvent conduire une entreprise à entrer en défaillance, en effet, des entreprises de taille et d’ancienneté différentes ne rentreront pas nécessairement en faillite pour les mêmes raisons. Aussi, retrouvez ci-dessous plusieurs facteurs souvent à l’origine de l’entrée en défaillance des entreprises :

      • Un ou plusieurs impayés

Le crédit inter-entreprise fait partie des principales causes de faillite. En témoigne cette statistique édifiante établie par la Fédération nationale de l’information d’entreprise, de la gestion de créances et de l’enquête civile (FIGEC) : 25% des défaillances d’entreprises sont dues à un retard de paiement ou à un impayé.

Ainsi, une entreprise qui n’est pas payée à temps par ses clients va progressivement rencontrer à son tour des difficultés pour régler ses propres fournisseurs ainsi que ses charges fixes, ce qui l’obligera, in fine, à procéder au dépôt de son bilan. 

 

      • Un retournement de marché

Une entreprise, aussi compétitive soit-elle, peut tomber en défaillance très rapidement en raison d’un bouleversement sur son marché.

À titre d’exemple, une augmentation brutale du prix de l’énergie peut augmenter les coûts fixes d’une société de telle façon que cette dernière ne sera plus en mesure de rester viable sur son marché si elle ne s’adapte pas rapidement pour faire face à ce bouleversement (en procédant à une réduction de sa production par exemple).

 

      • Un endettement trop important

Chaque année, plusieurs entreprises entrent en défaillance en raison d’un décalage trop important entre leur trésorerie et leur passif exigible. En effet, les entreprises dont l’endettement s’accumule sur plusieurs exercices se retrouvent souvent dans l’impossibilité d’investir davantage pour accompagner leur croissance, voire ne parviennent plus à mener de front leurs activités et le remboursement de leurs dettes.

À noter que pendant la crise du coronavirus, la vague de défaillance redoutée par le gouvernement a pu être évitée en grande partie grâce à la souscription par les entreprises françaises de Prêts garantis par l’État (PGE). Néanmoins, pour plusieurs sociétés, ce prêt a alourdi un niveau d’endettement déjà élevé en amont de la crise. Aussi, le remboursement de cette dette pourra devenir une cause importante de défaillances d’entreprises dans les années à venir.

 

      • Des lacunes en gestion d’entreprise

Le manque de connaissances en matière de gestion d’entreprise est une cause de défaillance courante au sein des très petites entreprises. En effet, certains gestionnaires de petites structures peuvent souvent s’avérer être d’excellents techniciens dans leur cœur de métier (l’artisanat par exemple) sans pour autant parvenir à sécuriser leur activité de manière durable (construire une politique de relance clients et de recouvrement de créances impayées, faire face à une baisse d’activité, etc.) ce qui peut conduire leurs structures à entrer en défaillance, et ce, en dépit d’une activité soutenue.

 

Comment identifier une entreprise en difficulté ?

Il est important de mesurer en permanence les risques de défaillances de vos partenaires commerciaux afin de pouvoir anticiper de futures dégradations et limiter le risque d'insolvabilité. Cependant, un partenaire commercial potentiel vous laissera souvent penser que sa santé financière est bonne dans le but d’augmenter son niveau de trésorerie grâce à votre partenariat. Aussi, retrouvez ci-dessous plusieurs indicateurs auxquels vous devez vous montrer particulièrement attentif en amont d’une transaction :

      • Une capacité d’autofinancement (CAF) négative

La CAF d’une entreprise désigne l’ensemble des ressources générées par son cycle d’exploitation qui lui permettent d’assurer son autofinancement. Aussi, une CAF négative sur plusieurs exercices peut être le signe d’une santé financière dégradée. En effet, cela signifie que l’entreprise doit opter pour des ressources externes (des emprunts bancaires par exemple) pour financer son activité.

 

Le BFR d’une entreprise désigne les flux financiers qu’elle doit mobiliser pour assurer son fonctionnement en attendant d’être payée par ses clients. De ce fait, vous devez faire preuve de vigilance si l’une de vos relations d’affaires possède un BFR élevé, d’autant plus si celui-ci est associé à une CAF négative. En effet, un BFR positif signifie que les ressources dont l’entreprise a besoin pour financer son activité sont supérieures aux ressources dont elle dispose, elle doit donc s’appuyer sur des ressources externes pour compenser son manque de trésorerie.

Attention cependant à toujours mettre en perspective le BFR d’une société avec son secteur d’activité. En effet, certains secteurs d’activité possèdent naturellement un BFR élevé. À titre d’exemple, dans les entreprises industrielles, l’achat de marchandises (matières premières, outillages, etc.) représente une part conséquente du cycle d’exploitation, le BFR des sociétés de ce secteur est donc très souvent positif, sans pour autant que ces sociétés soient en difficulté.

 

      • Un DSO (Day Sales Outstanding) élevé

Le DSO d’une entreprise désigne le délai moyen entre l’émission de ses factures et leur règlement par ses clients. Si le DSO d’une entreprise est plus élevé que la moyenne des entreprises de son secteur ou que celui-ci augmente sur plusieurs exercices, cela signifie que l’entreprise éprouve des difficultés à se faire payer par ses clients ce qui possède un impact direct sur son niveau de liquidités disponibles.

      • Les événements légaux

Toutes les entreprises constituées sous forme de sociétés (SARL, SA, SAS, etc.) sont tenues de publier des annonces dans des Supports Habilités à Publier des Annonces Légales (SHAL) pour signaler les différents événements de leur vie d’entreprise : changement de dirigeant, dissolution, modification de l’objet social, etc. Les annonces légales constituent ainsi des informations complémentaires aux données financières pour évaluer la situation d’une société, d’autant plus lorsque l’information est manquante ou obsolète.

À titre d’exemple, la modification successive du dirigeant d’une société sur une courte période peut révéler une certaine instabilité au sein de cette dernière. De la même manière, la non-dissolution anticipée à la suite de la perte de plus de la moitié des capitaux propres multiplie par 4 le risque de défaillance d’une société.

 

Les 7 événements légaux à suivre pour sécuriser vos risques d'impayés

 

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      • Consultez l’exhaustivité des annonces légales de vos partenaires d’affaires et soyez avertis à chaque nouvel événement à l’aide d’un système d’alertes personnalisé ;
      • Accédez à des données sur le comportement de paiement des entreprises avec lesquelles vous travaillez ou souhaitez travaillez (retards de paiements, impayés, etc.) ;
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